Penayrols – L’aventure continue au cœur des extrêmes.

L’igue de Penayrols a fait l’objet d’importants travaux de désobstruction et d’ingénierie avant les premières explorations.


Une oeuvre collective sans précédent.

Année 2002 : c’est l’année où notre club débuta les explorations à l’igue de Penayrols, sur le causse de Cazals. Cette cavité se situe sur la zone du réseau de Thouriès, l’une des sources d’alimentation en eau potable la plus importante du département de Tarn et Garonne.

Bastien branche l’aspirateur à Co2 à l’extérieur de l’igue. Il faudra attendre 48 heures avant de commencer l’exploration de l’année 2018.

A cette époque, cette igue a fait l’objet de travaux de désobstructions sans précédent. Le taux de Co2 n’a pas rebuté les spéléologues qui ont redoublé d’ingéniosité afin de gérer à la fois la ventilation et l’excavation de ce gaz par un double système de ventilateur et d’aspirateur relié à une gaine. Le Co2 remonte par cette gaine qui parcourt de nombreux boyaux et puits verticaux jusqu’à 110 mètres de profondeur. Michel et Bastien se souviennent de ce chantier de fourmis :

Yannick en progression dans les boyaux très étroits de Penayrols. Il a fallu y déployer la gaine d’aspiration à Co2 en 2002, lors des premières explorations.

«  Il a fallu dérouler la gaine jusqu’au fin fond du réseau mais celui-ci recelait un taux élevé de Co2, dépassant les 7% ! Le spéléologue qui poussait la gaine en tête d’opération, malgré l’aspirateur branché dessus à l’extérieur, s’essoufflait rapidement. On devait se relayer. De la réussite du déploiement de cette gaine dépendait toute la suite de l’exploration. Il fallait réussir, on n’avait pas le choix. S’il n’y a pas de solution c’est qu’il n’y a pas de problème dit le proverbe. Il y avait un problème et nous avions trouvé la solution. Mais encore fallait-il parvenir à la mettre en oeuvre et ce n’était pas gagné d’avance. Nous y sommes parvenu grâce à un travail d’équipe. Sans quoi, cette igue n’aurait jamais pu être explorée. Qu’est-ce qui nous a tant motivé ? La perspective de trouver l’accès à la plus grande rivière souterraine du Tarn et Garonne !« 

Yannick et Christophe progressant dans le premier méandre, après avoir traversé les boyaux très étroits.

Aujourd’hui, depuis 2018, les opérations d’exploration ont repris. Nous n’avons toujours pas trouvé la rivière souterraine tant espérée. Le but des opérations de l’année 2018 était d’atteindre le point le plus bas du « p40 » (puits fortement incliné sur faille de 40 mètres de profondeur) afin d’étudier la plongée du siphon terminal qui pourrait jonctionner avec cette rivière. Le siphon terminal se situe en bas du puits qui, à cet endroit, est vertical. Le taux de Co2 imposera au plongeur de descendre sur corde oxygéné par ses bouteilles. Mais il ne nous a pas encore été possible d’atteindre le point bas où se situe la corniche surplombant la dernière verticale avant le siphon, car le taux de Co2 n’est pas descendu assez bas malgré l’aspiration en surface. La cause provient sans doute d’une fissuration quelque part sur la gaine.

Philippe sur main courante en vue de rejoindre le P80 dans le fameux P40, un puits creusé dans la faille de Penayrols.

Toutefois, une main courante de 15 mètres de long a été mise en place pour explorer les sommets du P40. En effet, grâce à nos éclairages modernes, nous avons repéré un puits remontant, à la base duquel se trouve une petite corniche. La pose de la main courante avait pour objectif de rejoindre cette corniche. Qu’elle n’a pas été notre enthousiasme d’avoir déployé 40 mètres de corde pour remonter ce puits. Ajouté aux 40 mètres du puits actuel, nous sommes à 80 mètres de verticale. Cela signifie que nous avons exploré le plus grand puits actuellement connu en Tarn et Garonne ! Ce n’est pas une mince récompense qui vient couronner nos efforts d’exploration de 2018.

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